Lecture : Naija

Je remercie Babelio (opération Masse critique de mars) et les éditions M+Pocket de m'avoir permis de découvrir le roman Naija de Thierry Berlanda.

J'avais hâte de le lire. La quatrième de couverture est prometteuse : dans un futur proche (2026) l'assassinat d'un industriel active Titan, un service d'enquête en marge des procédures policières et judiciaires. L'enquête mène deux agents spéciaux à Lagos, au Nigeria, où le pouvoir réel est détenu par un groupe pharmaceutique international, spécialisé dans les nanotechnologies.


L'auteur propose un récit inventif et dynamique. L'enquête est un prétexte pour emmener le lecteur dans un monde futur faussement reluisant, inégalitaire, amoral, cruel et effrayant.

Cependant, j'ai vite déchanté. Je n'ai pas été convaincu par l'intrigue, desservie par des invraisemblances, un rythme inégal et un style que j'ai trouvé déplaisant.


L'intrigue est menée tambour battant, au début, avec des enquêteurs qui n'ont « aucun moyen mais tous pouvoirs ». Cette rengaine autorise les protagonistes à se comporter comme des bourrins, chose classique dans les polars. L'auteur s'autorise aussi des facilités dans la gestion des étapes de l'enquête et dans les rebondissements. le twist final peut expliquer en partie ce ressenti, mais vient trop tard (par définition) pour l'atténuer.


Le récit est construit en trois parties bien distinctes : l'enquête en France, le combat contre les méchants à Lagos, qui ménage des suspenses et une troisième partie trop longue et peu crédible, dans une sorte de prison paradisiaque, se transforme en romance parsemée de débats sur le surhomme, la métamorphose de soi et le sens de la vie... A ce propos, les arguments de l'héroïne semblent moins rationnels et convaincants que ceux des vilains. Enfin, un épilogue réservant une surprise.


Le style m'a déplu dès les premières pages, car trop approximatif. le lecteur est plongé dans des endroits sommairement décrits et certains déplacements des protagonistes sont réduits à une phrase de dialogue. Beaucoup de comparaisons avec des références que le lecteur n'est pas obligé de connaître. L'humour se veut noir ; il est surtout méchant. Enfin, l'expression des pensées des protagonistes, en italique, est trop fréquente, alors que des échanges télépathiques sont évoqués.


En conclusion : une belle déception que ne m'incite pas à lire les tomes suivants.

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