Lecture : "L'ombre des Tilleuls"

Un grand merci à Babelio et aux éditions du Citron bleu pour m’avoir permis de découvrir

« L’ombre des Tilleuls » d’Emmanuelle Bessot, dans le cadre d’une opération masse critique.

Cette lecture me laisse une impression mitigée : le contexte de ce roman policier, qui se déroule en à Novi Sad, en Serbie, est singulier et émouvant, mais l'intrigue ne m'a pas convaincu.


Couverture - L'ombre des tlleuls - E. Bessot

La force de ce roman est l’évocation du bombardement de cette ville, au printemps 1999, par l’OTAN.

Pour écrire mon propre roman, j’avais fait des recherches sur cette frappe de l’OTAN contre la Serbie de Milosevic et ses « dégâts collatéraux », pour justifier les remords d’un pilote de la coalition. Emmanuelle Bessot adopte, avec compassion, le point de vue des habitants de Novi Sad. Elle évoque avec justesse leur angoisse, la panique, la colère et l’incompréhension, alors que les bombardements commencent. 22 ans après, les personnages sont d’abord caractérisés par ce qu’ils faisaient alors, par leurs séquelles, leurs traumatismes, leurs souvenirs déformés et leurs rancunes.

Quelle bonne idée de bâtir sur ce passé trouble une intrigue qui débutait de manière captivante !

Même si la vengeance d’outre-tombe, promise dès les premières pages, me laissait sceptique, j’étais curieux de voir quel dénouement crédible l’auteur inventerait.

Malheureusement, Emmanuelle Bessot propose une intrigue inutilement compliquée, multiplie les rebondissements et les crimes. Les confusions d’identités trompent le lecteur (et je ne parle pas que des noms serbes), mais ne résisteraient pas à une mise en images. Les policiers qui mènent l’enquête semblent des anti-héros, toujours dépassés par les événements et pariant encore sur l’identité de l’assassin, quand celui-ci est dénoncé par un tiers.

Et à ce moment, le lecteur est aussi perdu qu’eux ! Bien que l’auteur propose une relation des faits avec différents points de vue, y compris celui du criminel, pour expliquer les raisons d’agir et essaimer les révélations, la résolution de l’énigme est trop tortueuse pour être convaincante.

Le style est fluide mais inégal : des sentiments bien traduits, des peintures de coucher de soleil lourdement poétiques et des métaphores maladroites. Il m’a manqué des descriptions de lieux, peut-être des ambiances et surtout des didascalies pour des dialogues entre 4 ou 5 personnages.



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