Lecture : "Effondrement" de J. Diamond

Mis à jour : juil. 13

Je m'intéresse à l'histoire des civilisations. Depuis sa parution en France en 2006, j'avais l'intention lire le volumineux essai de Jared Diamond « Effondrement » sous-titré « comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie ».

Enfin ! Voilà qui est fait et je ne suis pas déçu, même si j’ai été décontenancé par le 1er chapitre qui traite de l’État du Montana. Je m'attendais plus à une étude historique qu'écologique.


L’ouvrage décortique méticuleusement, avec toutes les sciences archéologiques en renfort, les impacts humains néfastes sur l’environnement, puis les erreurs ou la passivité qui expliqueraient la disparition des communautés de l’île de Pâques et d’autres îles isolées du Pacifique, des Anasazis (en Amérique du nord) et des Mayas (en Amérique centrale) et des Vikings du Groenland.

A travers ces exemples, l’auteur examine, sans jugement anachronique, la difficulté des groupes à s’adapter, à renoncer à leurs cultures pour s’adapter. Il analyse les raisons d’une forme d’aveuglement face à l’épuisement des ressources naturelles.

A contrario, il compare d’autres communautés qui ont réussi à survivre en adoptant des décisions collectives essentielles, à long terme, qui impliquaient de renoncer à leurs modes de vie identitaires ou de restreindre ce que nous qualifions aujourd’hui de droits et libertés individuels inaliénables, pour préserver l’environnement et la survie du groupe.


La démarche de l’auteur est évidemment de tirer des leçons de ces expériences passées pour aborder les défis démographiques et de sur-exploitation des ressources naturelles de notre époque contemporaine. J’ai trouvé son constat assez désespérant, mais J. Diamond espère encore (en 2005) que les citoyens-consommateurs pousseront les autorités politiques et les industriels à faire les bons choix, à long terme, et revoir des pratiques pour concilier économie et environnement. L’auteur met en exergue des exemples positifs, qui me semblent pourtant peu rassurants au regard des dégâts irrémédiables qu’il a dénoncés auparavant.

La démonstration est solidement charpentée et nuancée. Certains arguments sont longuement développés, mais il serait injuste de se plaindre des redites et des rappels, qui permettent de faire les connexions entre les multiples sujets historiques et écologiques qui sont abordés.

Je ne doute pas que certaines idées énoncées sont contestées (par exemple, les mérites de la certification MSC pour les pêches durables ou à l'inverse, la critique sévère des atteintes à l'environnement en Australie). De même, depuis 15 ans, l’étude de la situation économique et écologique de certains pays contemporains, tels que la Chine, a beaucoup changé.

Néanmoins, cette somme exigeante est une référence essentielle pour comprendre les enjeux et les risques qui pourraient entraîner l’effondrement de notre civilisation actuelle, mondialisée.


Alors qu’un virus a réussi à démontrer l’hyper-sensibilité de notre monde au risque sanitaire, sommes-nous prêts à affronter la rupture d’une ressource naturelle banale ou l’empoisonnement de la chaîne alimentaire ?

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