Adieu la GSA, vive l'EUSPA !

Dernière mise à jour : sept. 14

Les institutions européennes qui gèrent le programme Galileo se succèdent et élargissent leur champ de compétences pour gérer les systèmes satellitaires européens.


La GJU

Le 28 mai 2002, l’Entreprise commune Galileo (GJU) était constituée pour une durée de quatre ans. Elle était une instance de jonction entre l'Union européenne, représentée par la Commission européenne, et l'Agence spatiale européenne (ESA) qui est distincte de l’Union européenne. Elle était chargée de superviser le partenariat public-privé, initialement prévu pour exploiter la constellation de satellites. Elle gérait aussi les fonds de l'Union européenne alloués à la recherche et au développement en amont et en aval du programme Galileo.

Extrait du roman GNSS Galileo : dérive d'orbite, p. 200


Mercredi 9 novembre 2005 - 11h11

Noordjwik, Pays-Bas

ESTEC, centre technique de l'ESA


[...] Magda Anghel déambulait parmi les convives, en picorant dans une assiette en carton qu’elle avait garnie. Elle aperçut le Français mal cravaté, dont elle ignorait le nom. Il s’était isolé pour grignoter. Elle l’aborda, carnet en main, se présentant comme la correspondante de Radio Libertate.

« Encore une ? Bougonna-t-il. Je n’ai jamais écouté votre radio.

– C’est la première radio privée de Roumanie, historiquement et par son audience…

– Ah, de Roumanie ! Quel honneur ! »

Magda perçut l’ironie : ça commençait mal. Elle misa sur la flatterie. « J’ai entendu votre discours qui était très intéressant. Vous êtes bien Monsieur Kopf ?

– Non, c’est mon directeur.

– Ah ? C’est le nom inscrit sur le programme.

– Je l’ai remplacé au dernier moment. Je suis Alceste Lancier.

– Lancier, nota-t-elle. Vous avez parlé de GJU. Vous y travaillez ?

– Oui. Je suis ingénieur, en charge des évolutions du signal Galileo, de la compatibilité et de l’interopérabilité des signaux avec les autres GNSS…

– L’interopérabilité avec les autres GNSS, c’est essentiel ! »

Lancier se contenta d’acquiescer. Magda était déstabilisée par son interlocuteur qui ne faisait rien pour l’aider. Le truc éculé de répéter les derniers mots avait fait un flop et trahi son ignorance du sujet. Elle tenta de se rattraper. « Est-ce le GJU qui construit Galileo ? »

L’ingénieur nuança avec malice : « Pour être précis, l’Entreprise commune coordonne l’élaboration du projet Galileo entre la Commission et l’ESA. L’entreprise commune négocie aussi le PPP avec les entreprises qui vont construire Galileo…

– Le PPP ?

– Le partenariat public-privé… Le contrat de concession qui sera signé entre l’Union européenne et des entreprises, pour mettre en orbite et exploiter la constellation de satellites. »

La journaliste peina à retenir un haussement de sourcils interrogatif. « Je comprends, mentit-elle. Et en ce qui concerne le GJU ?

– Ce sont les initiales de Galileo Joint Undertaking. En français, on dit plutôt ECG pour Entreprise commune Galileo, dont je viens de vous parler. [...]

La GSA

Le 1er janvier 2007, alors même que le programme Galileo traversait une zone de turbulences et de doutes, amplement évoqués dans mon roman, la GJU a été remplacée par l’agence européenne GNSS (GSA). Sa mission était d'abord d'achever la mise en œuvre de la constellation de satellites Galileo. Autorité de surveillance, elle supervisait, les opérations et la fourniture sans interruption des services du GNSS Galileo et d'EGNOS. Elle assurait un lien entre la technologie spatiale et les besoins des utilisateurs du monde entier pour qu'ils bénéficient pleinement des programmes européens de navigation par satellites. Elle était responsable des opérations, de la fourniture et de la sécurité des services rendus par Galileo et EGNOS. En outre, la GSA encourageait le développement d'applications et de services pour EGNOS et Galileo. Elle gèrait les fonds européens qui soutiennent la recherche et l'innovation dans ce domaine. Elle promouvait les usages et effectuait des études prospectives de marché.

L'agence suivait les questions liées à la sécurité du GNSS européen, en s'appuyant sur le centre de surveillance de la sécurité Galileo (GSMC) qui veille sur la sécurité de Galileo et aux règles d'habilitation des utilisateurs du service public réglementé (PRS). Depuis le 1er janvier 2014, la GSA a confié l'exploitation d'EGNOS à un opérateur spécifique, l'European Satellite Services Provider - ESSP3.


Copyright : EUSPA, mai 2021

L'EUSPA

Le 12 mai 2021, la GSA se transforme en EUSPA, l’Agence de l'Union européenne pour le programme spatial, avec un mandat élargi et de nouvelles responsabilités.

Désormais, l'EUSPA aura des responsabilités accrues dans la gestion de l'exploitation et la sécurité opérationnelle de Galileo et d'EGNOS. En outre, le nouveau mandat de l’Agence s’étend à la coordination des utilisateurs de GOVSATCOM et à la promotion des services commerciaux de Copernicus. Elle encourage le développement d’applications utilisant Galileo, EGNOS et Copernicus. L'Agence est responsable de l'homologation de sécurité de toutes les composantes du programme spatial de l'UE.

Bien que la mission à l'EUSPA soit élargie, l’objectif principal reste le même : lier les investissements de l’Union européenne consacrés aux programmes spatiaux aux besoins des Européens et des utilisateurs du monde entier. Il s’agit en particulier de fournir des services GNSS performants et robustes sur lesquels les utilisateurs peuvent compter.

L'EUSPA ambitionne de favoriser les synergies entre la navigation, l'observation de la Terre et les télécommunications sécurisées, afin de fournir des services et applications spatiaux dont l'Europe a besoin pour faire face aux défis de l'avenir. Elle garantit que les programme spatiaux soient respectueux des priorités politiques de l'UE en faveur de l’environnement, de la numérisation de l'économie européenne et de l’affirmation diplomatique de l’Europe.


Source : https://www.euspa.europa.eu/

Traduction par l'auteur du blog.

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